Quelles aides pour les parents d'enfants handicapés ?

Sommaire

Les parents d'enfants handicapés peuvent obtenir différentes aides légales, sous forme pécuniaire ou sous forme de services. Les démarches sont souvent difficiles : il existe beaucoup d'interlocuteurs et beaucoup de sigles. Le point dans notre astuce.

Aides financières pour les parents d'enfants handicapés

Allocation journalière de présence parentale 

L'allocation journalière de présence parentale (AJPP) est soumise à certaines conditions :

  • Il faut que la personne handicapée est besoin d'une personne pour des soins contraignants, avec l'attestation d'un certificat médical détaillé.
  • L'avis favorable de l'assurance maladie doit être obtenu.
  • Le jeune handicapé doit avoir moins de 20 ans ou être à la charge de ses parents.
  • Le parent doit être contraint d'interrompre son activité professionnelle au moyen d'un congé de présence parentale.

L'AJPP est versée sous la forme d'une allocation journalière par jour de congé parental. Du 1er avril 2019 au 31 mars 2020, le montant de l'allocation journalière de présence parentale est de 43,70 € pour un couple et de 51,92 € pour une personne seule.

Allocation d'éducation de l'enfant handicapé

L'allocation d'éducation de l'enfant handicapé (AEEH) est une aide financière qui contribue à assurer l'éducation du jeune :

  • Elle est octroyée sans conditions de ressources.
  • Mais, il y a des conditions concernant notamment l'âge de l'enfant et son taux d'incapacité.
  • Elle peut être cumulée partiellement ou totalement, soit avec un complément d'AEEH, soit avec la prestation de compensation du handicap (PCH).
  • Elle est majorée quand le parent est isolé et que l'état de l'enfant nécessite le recours à une tierce personne.

Du 1er avril 2019 au 31 mars 2020, son montant de base est de 132,21 €.

Le décret n° 2018-1294 du 27 décembre 2018 a modifié l'article R. 541-4 du Code de la sécurité sociale pour allonger la durée d'attribution de l'AEEH (une révision des droits reste bien sûr possible en cas de modification de l'état de l'enfant) :

  • lorsque le taux d'incapacité de l'enfant est au moins égal à 80 % et que le certificat médical ne mentionne pas de perspectives d'amélioration de l'état de l'enfant, l'AEEH de base est attribuée sans limitation de durée jusqu'à l'âge limite du bénéfice des prestations familiales ou, le cas échéant, jusqu'au basculement à l'allocation d'adulte handicapé (AAH) ;
  • en cas de perspectives d'évolution favorable, le droit à l'AEEH de base est attribué pour une période au moins égale à 3 ans et au plus égale à 5 ans ;
  • lorsque le taux d'incapacité se situe entre 50 et 80 %, les droits à l'AEEH sont attribués pour une durée au moins égale à 2 ans et au plus égale à 5 ans.

Aide aux transports 

L'enfant handicapé peut recevoir une aide au transport. Pour cela, certaines conditions doivent être remplies :

  • la gravité de son handicap doit empêcher le jeune de prendre les transports en commun ;
  • la gravité du handicap doit être médicalement établie ;
  • l'aide doit être accordée par la Commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH) ;

L'aide sera assumée financièrement par le département du domicile du handicapé.

Aides scolaires pour les enfants handicapés

Bourse d'enseignement d'adaptation 

Cette aide est supprimée depuis le 31 juillet 2016.

La bourse d'enseignement d'adaptation pouvait être accordée au jeune handicapé qui ne percevait pas l'AEEH.

Elle pouvait être octroyée au jeune :

  • de 6 à 16 ans ;
  • qui devait être placé dans un établissement spécialisé ;
  • ou qui devait bénéficier d'enseignements complémentaires pour l'adaptation à la vie scolaire.

La bourse d'enseignement d'adaptation était attribuée par la direction académique. Elle variait en fonction des ressources de la famille et des frais auxquels elle devait faire face.

Classes spécialisées

Pour sa scolarisation, l'enfant handicapé peut bénéficier de certains dispositifs particuliers :

  • Il peut être intégré dans une classe d'intégration scolaire (CLIS) : ce sont des classes de primaire destinées aux enfants handicapés qui ne peuvent pas intégrer une classe ordinaire.
  • L'Unité localisée pour l'inclusion scolaire (ULIS) est l'équivalent des CLIS pour le collège.
  • Enfin, il existe la section d'enseignement général et professionnel adapté (SEGPA).

Assistant de vie scolaire

L'enfant handicapé peut être aidé par un assistant de vie scolaire (AVS) :

  • l'aide d'un AVS est décidée par la CDAPH ;
  • l'AVS est une personne qui peut aider l'enfant en classe, pendant l'interclasse ou encore à la cantine ;
  • un même AVS peut avoir à sa charge plusieurs enfants handicapés.

SESSAD

Le service d'éducation spéciale et de soins à domicile (SESSAD) vient aussi en aide aux enfants handicapés :

  • l'assistance d'un SESSAD est décidée par la CDAPH ;
  • une équipe aide l'enfant chez lui et dans sa scolarisation ;
  • il existe différents types de structures : par exemple, les services d'aide à l'acquisition de l'autonomie et de l'intégration scolaire (SSAAAIS) pour les déficients visuels de plus de trois ans.

Établissement médico-éducatif

L'enfant handicapé peut également être accueilli en établissement médico-éducatif :

  • la décision est prise par la CDAPH ;
  • l'enfant peut être en internat, semi-internat, externat, ou placé en famille ;
  • il y a divers types d'établissements, par exemple les établissements pour polyhandicapés.

Cas particulier : enfants handicapés de moins de 3 ans

Théoriquement, les crèches et haltes-garderies doivent prévoir des dispositions particulières pour les jeunes handicapés. Les pouponnières sanitaires peuvent ainsi héberger l'enfant handicapé de moins de 3 ans :

  • si cet enfant ne peut pas rester dans sa famille et ne peut pas non plus bénéficier d'un placement familial surveillé ;
  • la garde se fait de jour et de nuit ;
  • un médecin qualifié en pédiatrie doit visiter régulièrement la pouponnière, il doit notamment surveiller la santé des enfants.

Les services d'accompagnement familial et d'éducation précoce (SAFEP) peuvent prendre en charge les enfants atteints d'une déficience auditive grave et ayant moins de 3 ans :

  • en principe, le centre comporte une équipe médicale ;
  • l'objectif est notamment d'aider la famille dans sa relation avec l'enfant ;
  • il faut s'adresser à la sécurité sociale pour la prise en charge financière.

Pour approfondir la question :